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jeudi 29 septembre 2011

COMMENT MONTEBOURG PREND DE LA HAUTEUR


 Ce soir,je n'ai toujours pas digéré le comportement de François Hollande lors du débat TV d'hier. Drapé dans les certitudes de futur président que lui tricotent sondages et médias,il a confondu,consciemment ou non, la hauteur que requiert la fonction et le mépris pour le débat démocratique qu'on est en droit d'exiger d'un candidat. Aussi j'ai décidé de reprendre quelques extraits de billets rédigés depuis le mois de Juillet. Je vous les présente non pas dans leur chronologie,mais dans une logique où je chercherais à démontrer pourquoi la sociale démocratie n'est plus en mesure d'apporter une quelconque voie de solution dans la crise de la France et du monde actuel. Pourquoi François Hollande n'est qu'un triste imposteur. Et je conclurais sur le pourquoi de la démondialisation telle que nous le propose Arnaud Montebourg comme unique piste cohérente et porteuse d'espérance pour la France,pour l'Europe et pour le monde.



  Le capitalisme a évolué. Les financiers ont supplanté les industriels à sa direction. La chute du mur de Berlin et l'implosion du bloc des pays de l'Est a donné des ailes à ce libéralisme financier plus prédateur que jamais. La mondialisation a le vent en poupe. Durant toute cette mutation,le PS était dans l'opposition. Quand je relis ses propositions d'alors,du moins pour les deux présidentielles qu'il a perdu,il est frappant de constater qu'elles ont le même ressort que celles qu'ils proposent aujourd'hui. Elles portent le sceau du mitterrandisme tatoué sur chaque page... Je n'ai rien contre Mitterrand. C'était un stratège politique hors norme. Ce que je reproche aux ex-quadras c'est de ne garder de lui que son intelligence tactique et sa hargne pour la conquête du pouvoir. Alors pourquoi me direz vous ont ils été rejetés par deux fois par les urnes ? Parcequ' ils ont mal analysé les évolutions du contexte. Ils ont sous-estimé cette mutation,et sont restés figés dans le moule mitterrandien. L'échec de ces deux présidentielles a montré clairement les limites de la sociale démocratie.
...De Mitterrand seulement l'art de la
 conquête du pouvoir?...
    Tout programme politique formaté par ce logiciel désormais obsolète est condamné à l'échec quel qu' en soit la personnalité qui le porte...  Bien sûr ils pourront éjecter Sarkozy de l’Élysée. Ils ne pourront pourtant pas s'approprier cette victoire,comme l'a fait le premier secrétaire du PS d'alors pour les régionales et les cantonales à mi-mandat des présidentielles. C'est le rejet général du pouvoir en place qui a inspiré le vote des électeurs et non l'adhésion aux programmes proposés par le PS. Je regrette que François Hollande ait eut recours à cette malhonnêteté intellectuelle pour légitimer ses dix ans à la tête du PS. S'il accède à la magistrature suprême comme le prédisent les sondages,ce sera pour la même raison. S'il légitime son action politique et son programme social démocrate de nouveau président sur la base de cette élection,la rue risque de lui faire payer chèrement cette nouvelle usurpation... La fin du pouvoir sarkozyste n'est pas une fin en soi aussi souhaitable soit-t-elle. Pour faire face à la crise et l'éloigner pour longtemps,des solutions existent...
*Des quadras de cette époque,seul Montebourg a évolué,nous y reviendrons.



Au congrès de Rennes de 1997,il* est élu premier secrétaire avec 90% des voix des militants. Onze ans après ,lors du congrès de Reims,il sort par la petite porte,sa motion ayant été battue par celle de Ségolène Royale qui venait pourtant de perdre les présidentielles face à Nicolas Sarkozy. Son bilan à la tête du PS est bien mitigé. Après la défaite de Jospin face à Le Pen le 21 Avril 2002,il a tenu fermement la barre dans la douloureuse tempête qui a secoué la parti. Mais au fond personne ne souhaitait vraiment son éclatement. Les deux défaites successives de Jospin puis celle de Ségolène Royale face à Nicolas Sarkozy ne jouent pas non plus en sa faveur. On peut pourtant mettre à son actif la vague rose des régionales de 2004 ou des municipales de 2008. Mais une analyse plus affinée de ces victoires montrent qu'elles tiennent surtout du succès des politiques locales menées par les dirigeants socialistes locaux conjugué au rejet du sarkozysme ambiant. Le PS. dirigé par François Hollande n'a assumé de fait que l'intendance.
* François Hollande

Europe:Pâles étoiles d'un soir
mensongères et lointaines...
  Sur la question européenne;il a appelé à voter pour tous les traités en bon soldat de l'Europe. Même le projet de constitution rédigé par Valéry Giscard d'Estaing et son avatar de Lisbonne. L'article 123 de ce traité,un point pourtant crucial et très controversé,lui convient. Cet article autorise la banque centrale européenne à octroyer des prêts aux états à un taux de 10% à 15% alors que celui accordé au privé ne dépasse pas 3%. Les états ne pouvant plus battre monnaie se retrouvent complètement démunis face à ce système. Ils se voient contraints de payer des intérêts supérieurs à leurs prêts au bout d'un certain temps.!On en voit aujourd'hui les conséquence. Plus un seul état,ni même l'Europe à vingt-sept en tant que communauté ne peut prétendre à une quelconque souveraineté. L'Europe est désormais sous la dictature de la finance mondiale et de ses aléas. Interrogé sur l'actuel désordre économique et financier que le monde subit,François Hollande stoïque  répond:  « au désordre,il faut ramener l'ordre en corrigeant les excès ».*
*Récemment interrogé sur cette question,il l'a balayé d'un revers de la main:"c'est du passé"...Un peu facile.


François Hollande de gauche? Il l'est autant que DSK* à qui il a succédé dans les sondages. Il appartient à ce courant de pensée socio libéral orthodoxe qui cherche à reformer le système de l'intérieur,à l'accompagner pour en arrondir les angles et rendre les crises qu'il provoque aussi peu douloureuses que possible pour les classes moyennes et populaires .
Posture et imposture...
Nous sommes aujourd'hui dans ce cas de figure. L'actuelle crise et la position de François Hollande pour y faire face en est une illustration. Il est idéologiquement incapable de sortir de ce pourquoi il a été programmé: défendre le système. Il n'existe politiquement que parce que le système existe, perdure et génère des crises. Ces crises nourrissent la sociale démocratie,lui donnent sa raison d'être. On comprend dès lors pourquoi la droite voit en son éventuel élection à la présidence de la république un moindre mal. On comprend dès lors pourquoi les médias et les sondages lui font la courte échelle. On comprend dès lors pourquoi la démondialisation est si mal vue,si mal interprétée et réduite à une caricature.
* Ou Manuel Valls qui finira par le soutenir.



  Un nouveau concept est développé actuellement en France et suscite un vif débat entre les spécialistes:La démondialisation. Arnaud Montebourg en fait son cheval de bataille. Inspiré par le sociologue phillipin Walden Bello le père de ce concept,il dénonce les «les fondamentalistes de l'ouverture commerciale», la «religion du libre échange»et propose un «protectionnisme moderne,vert et européen». C'est le point central de sa théorie. Un protectionnisme au niveau européen pour empêcher les délocalisations,favoriser le marché intérieur et permettre une croissance régionale qui ferait de l'Europe une puissance souveraine capable de parler d'une seule voix,et de se défendre de toutes attaques boursière,financière... Il ne s'agit pas de sa part de vendre «des idées et des rêves» aux électeurs. Arnaud Montebourg s'est déjà distingué pour avoir appelé à voter non pour «cette Europe là». De tous les candidats socialistes déclarés aux primaires,il ne ronronne pas la sociale démocratie à la manière de François Hollande. Un coup oui,un coup non pour contenter tout le monde. A l'arrivée on fait du sur-place. Il ne la déclame pas non plus,comme le font les orphelins de Dominique strauss-kahn qui ne s'entendent déjà plus entre eux.*«Entre une pratique sans tête et une théorie sans jambes,il n'y aura jamais à choisir» disait Régis Debray. Le volontarisme de Montebourg regarde droit devant avec un optimisme sans frontière,contrairement à l'extrême gauche qui veut aussi faire évoluer les choses,mais les yeux toujours braqués sur le rétroviseur pour ne pas s'éloigner de ses propres repères historiques.
*J'ai rédigé ce billet en plein affaire DSK. Ses soutiens d'alors se sont dispersés dans diverses écuries,à part Manuel Valls.

  "Au pays qui prend Bernard Tapi pour un entrepreneur,Bernard-Henri-Levy pour un philosophe,Jacques Attali pour un penseur,Claire Chazal pour un journaliste,Alain Minc pour un économiste...(on) ne peut s'étonner d'avoir Nicolas Sarkozy comme président de la république."Ce commentaire de Philippe Meyer semble cruel et amère. Il reflète aussi bien la réalité de la France d'aujourd'hui que l'état d'esprit des Français qui en découle. Tous les candidats à la primaires surfent sur cette amertume,sur les angoisses et les espoirs qu'elle génèrent. Ils se lancent tous et toutes dans une surenchère de promesses sans qu'on ait pu saisir à aucun moment la relation entre leurs visions globales ou philosophiques du monde tel qu'il est actuellement,ils évitent d'ailleurs soigneusement d'en parler,et la politique qu'ils veulent mettre en oeuvre. Ils se sont contentés de débattre sur leurs outils. Cette mise en scène de la charrue avant les boeufs relève de la manipulation voire de  l'imposture. Seul Arnaud Montebourg a le mérite de cette cohérence qui fait cruellement défauts à ses concurrents. La démondialisation n'est pas une simple vue de l'esprit. C'est un tout. Elle  intègre à la fois la vie économique sociale et culturelle,du niveau local au niveau international dans toute la complexité de leur dynamique. Le point essentiel c'est que nous seront aux commande de cette dynamique. C'est la différence majeure avec n'importe quel autre candidat. Qu'on se le dise!

2 commentaires:

  1. Oui !
    C'est amusant parce que tu écoutes tous les autres candidats à la primaires et à la fin il y a Montebourg qui balaie tout ça avec sa logique bâtie sur la démondialisation : aucune mesure ne sera possible sans d'abord réformer le système en place.
    Pan !
    :-)

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  2. La classe

    Je vais vous rendre vos copies !
    Je sais que vous vous impatientez
    C'est pour ça que je prends tout mon temps ...
    Qu'est-ce que je pourrais vous dire pour que vous soyez
    Un peu moins sensibles à vous-mêmes?
    Qu'on vient de vivre le mois de septembre le plus chaud du siècle !
    Ça n'a rien à voir !
    C'est pour ça que je vous le dis.

    L'affaire Karachi... non ... c'est trop facile...
    Une petite remarque cependant :
    Quand on vous dit qu'un homme politique ne s'est pas rempli les poches, qu'il n'a pas violé la loi pour son enrichissement personnel, mais pour servir les autres...
    On se fout gentiment de votre gueule !
    Si c'est pour le pouvoir c'est autrement plus grave

    Valls : vous n'avez pas la moyenne... ce n'est pas parce que vous dites ce que les autres ne disent pas ... que vous êtes forcément plus intelligent ou plus proche des gens ! Vous nous rappelez que les 3/4 se sentent floués par les hommes politiques... mais en le disant, vous prouvez que vous êtes le plus mal placé pour le dire.
    En logique : Ça s'appelle : une contradiction performative! Un menteur qui vous dit que tout le monde ment scie la branche sur laquelle il est assis.

    Montebourg : beau, intelligent, arabe que des qualités paradoxales pour un homme politique français... vous avez un sacré profil... qu'est-ce que vous foutez là? Oui c'est cela oui! La raison a ses raisons que la raison ignore.

    Baylet : vous avez sauté de classe ... ça se devine quand on vous lit.

    Aubry : avec vous... c'est toujours un seul poids et une seule mesure. Il faudrait peut-être vous peser de temps en temps.

    Royal : c'est vous le soleil... qui nous promet un éclairage bon marché? Vous avez marqué un point pace que vous êtes sincère... sans cire... ni masque... ni parure...

    Tout comme notre vainqueur présumé Hollande qui a réussi encore une fois à nous montrer qu'il sait tout ce qu'il sait...
    Mais est-ce une raison suffisante pour confier à l'un de vous deux les rennes du pouvoir alors que vous n'avez pas été capables de réussir votre propre ménage!
    Désolée je suis vieux jeu... non... je ne suis pas contre ceux qui changent de partenaire comme de chemise mais contre la moindre faille à la tête de l'État. Remettez vous ensemble et on avisera après !
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/09/la-classe/

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