« Tout ça pour ça ».
Cette expression populaire traduit parfaitement ce qu'un grand nombre
de français a dû se dire suite à la perte de cette fameuse triple
A. Nicolas Sarkozy avait en effet défini deux axes majeurs dans sa
stratégie de réélection: Ne pas se faire dégrader par les agences
de notations en espérant que les plans de rigueur pris depuis l'été
dernier puissent améliorer les statistiques à présenter aux
électeurs. Parallèlement,sortir l'Europe et la France de la crise
de la dette. D'où son activisme sur la question et la succession de
réunions au sommet pendant lesquels il s'est heurté à
l'intransigeance allemande qui a finalement réussi à imposer une
politique de rigueur généralisée. L'agence Standard & Poor's a
fait savoir dans ses attendus que la politique d'austérité n'est
pas La Solution à la crise. C'est un désaveu sévère de Sarkozy
tant pour sa politique en France que pour celle qu'il a dû
consentir pour l'Europe. Ces deux axes se sont effondrées avec
bruits et fracas quels que soient les efforts de communication de
l'UMP pour en amortir le choc.
Sarkozy paie au prix fort la promesse
non tenue de Toulon I où il a annoncé vouloir refonder le
capitalisme,moraliser la pratique de la finance internationale et des
agences de notations. Il paie au prix fort la promesse intenable de
Toulon II où il prônait la refondation de l'Europe dans des délais
excessivement courts pour que cela soit en phase avec le calendrier
de nos présidentielles. Ce double échecs sonne comme un glas. Son
silence est éloquent. Il accuse le coup. Il a compris que pour les
présidentielles il est au plus mal. Pourra-t-il jamais rebondir?
Comme on dit,ne vendons pas la peau de l'ours...
La présence de François Hollande au
second tour semble donc être acquise. La vraie question qui se pose
est celle de la relation entre PS et FDG. Elle est autant idéologique
que politique. Autant le premier insiste dans sa stratégie
d'accompagnement du système propre à la sociale démocratie,autant
le second persiste dans sa stratégie de rupture. Les propos de
Jérôme Cahuzac ce soir sur C politique,comme ceux de Jean-Luc
Mélenchon hier à Nantes le confirment si besoin était. Ces deux
formations sont insolubles l'une dans l'autre. Le PS n'accepterait de
coopérer qu'avec le Mélenchon docile du gouvernement de Lionel
Jospin « qui a laissé de bons souvenirs »à J.Cahuzac.
« La flamme et la fureur » refuse toute compromission
avec la sociale démocratie de François Hollande. Les électeurs
feront leurs choix. L'électeur que je suis a déjà fait le sien.
J'ai eu souvent l'occasion de dire sur
ce blog que la sociale démocratie est pour moi aussi obsolète que
le communisme. Les crises qui se sont succédées depuis celle des
subprimes de 2008 montrent que l'Histoire de l'humanité est à un
tournant historique. On assiste à la fin d'un cycle pour entrer dans
un nouveau qui sera extrêmement différent de l'ancien. C'est la
raison pour laquelle j'ai adhéré et soutenu les idées de
démondialisation et de VI° république de Montebourg. Vouloir
s'accrocher à l'ancien monde et aux pratiques politiques qui lui
sont inhérentes est à contre-sens de l'Histoire. De ce point de
vue,Sarkozy et Hollande sont aussi dépassés l'un que l'autre. Dans
cet entre-deux mondes où l'ancien refuse de mourir et où le nouveau
a du mal à naitre,les manœuvres sont multiples,indicibles :
Leur affrontement ne doit pas nous induire en erreur. Tous les deux
sont d'authentiques conservateurs qui défendent le système,chacun
de son côté,chacun à sa manière. La gauche se doit de les
éliminer politiquement,démocratiquement.
Je fais partie de ces quelques 17%
d'électeurs aux primaires socialistes qui ont fait le choix de
soutenir les idées d'Arnaud Montebourg. Jusqu'à aujourd'hui,ce
dernier est resté fidèle à son engagement envers le candidat
socialiste. Mais la contradiction est telle entre les idéologies de
ces deux hommes que cette cordiale mésentente a peu de chance
d'aller au-delà des présidentielles. On verra. Pour le moment la
priorité est au premier tour. J'invite toutes celles et
ceux,citoyennes et citoyen de gauche,encartés ou non,conscients que
demain se joue aujourd'hui,qui croient à la démondialisation et à
la VI° république,à se demander si leur devoir est de se mettre en
travers de la marche de l'Histoire et de voter pour celui qui incarne
le conservatisme de gauche. Pour celui qui veut se partager le
contrôle du système par une alternance qui ne profite toujours
qu'aux même quel que soit le discours de circonstance qu'il puisse
tenir.
Ma conviction est que si nous voulons planter l'étendard des
idées auxquelles nous croyons dans le paysage politique, plus
profondément encore que nous ne l'avions fait lors des primaires
socialistes,nous devons soutenir massivement la candidature de Jean
Luc Mélenchon pour qui la rupture n'est pas un concept vide de sens.
C'est la seule chance qui nous soit donnée de participer activement
au premier acte du renouveau historique que nous souhaitons. C'est la
seule manière de montrer que nous existons et que nous avons bien
l'intention de peser pour les actes suivants à commencer par le
second tour. Si nous sommes suffisamment fort,le PS nous respectera
et ne nous convoquera pas pour lui apporter nos voix et nous
congédier après. Nous devons réussir ce premier tour pour ne pas
avoir de regret et nous dire : « tout ça pour ça ! »


La dernière Religion
RépondreSupprimerA vos programmes candidats!!
Tout élu qui ne tiendra pas la moindre de ses promesses
sera traité de la pire espèce
Et sera crucifié
sans autre forme de procès
Cette nouvelle religion a un seul et unique mot d'ordre : "Souviens-toi"
http://www.lejournaldepersonne.com/2012/01/la-derniere-religion/